Lundi 26 janvier 2009


On ne naît pas brisé sans raison . La déraison ne se trouve pas dans le monde des anges qui se veulent papillons qui n’agiteront pas leurs ailes parce qu’elles savent trop bien qu’un simple battement peut provoquer de l’autre côté de la sphère du monde un cataclysme … L’hyperconscience comme une pré-science, omniprésence d’une vie faite d’ouvertures invisibles pour ceux qui tournent à pleine vitesse, rentabilité oblige, système fou qui se détraque et traque ce qui tente d’être autre et d’exister autrement … et qui dans leurs corps-blessure, leur cœur battant, battant tellement … dénonce ce que jamais on n’énonce … que des exclus monte une parole qui ne soit que révélation d’une incapacité à se vivre dans un monde où tout est cloisonné, vitrifié … La brûlure ne s’apaise jamais … toute une vie à avoir mal … infiniment … parce qu’on a des yeux trop grands qui se posent partout … et condamnées à ne rien pouvoir dire les anorexiques ne détruisent qu’elles-mêmes et se sentent coupables du malheur des autres et du monde entier . Peut-on les blâmer d’être ce qu’elles sont et de n’être qu’elles-mêmes, fleurs pâlissantes qui ne boivent pas à la source des jours, puits sans fond de souffrance engouffrée dans leur béance ? Peut-on leur reprocher de se sentir si proche de tout ce qui décoche des flèches meurtrières à tous vents ? Elles ont les yeux du cœur … trop grand ouvert … est-ce une maladie qu’avoir une âme meurtrie par la souffrance d’autrui … et l’empathie qui n’a rien d’acquis mais avec laquelle on naît … et qui empêche un être … d’être ? On les dit, on les croit autocentrées … elles ne savent même pas comment se recentrer quand à la dérive sans secours et sans recours un courant de tourments les emporte au loin comme des bouteilles cassées que la mer jamais n’emportera … messages noyés d’avance, batailles perdues d’avances et vies vouées en secret à l’Amour de l’Autre et du monde … Ce sont des anges qui ne savent pas se garder, en naissant elles n’ont pas acquis cet instinct de survie qui fait que l’on tente de se préserver de tous les dangers … alors elles foncent droit dans le mur puisque personne ne les comprend, et que la vie au ralenti prend toujours bien trop de temps, alors la grève de la vie, la vie en suspension, parce que tant et tant de questions sur ce qu’est le Destin que l’on nomme Hasard … pour elles rien ne va de soi, mais un rien les emporte dans un torrent où le vacarme est à la hauteur du tumulte de leurs tourments secrets et des souffrances qu’elles s’infligent parce que seule cette mortification allège un peu de l’angoisse terrible qui pèse sur elles et les écrase … elles ne tentent de s’échapper qu’en allégeant toujours plus le poids de leur corps qui ne peut être qu’un boulet, un fardeau … elles ne savent rien du monde des désirs et des plaisirs et s’en détournent sans juger … elles sont victimes de ce système trop bien huilé mais les rouages se bloquent, ça gêne aux entournures … la vie a ses détours et prend parfois d’autres tournures, malgré toutes les planifications, les plans sur les comètes, et le rejet des autres planètes … ou tout simplement des autres sphères non bétonnées … les anorexiques n’ont pas vocation à être des martyres, elles souffrent en silence et souffrent de laisser trop voir la profondeur tragique de ce qu’elles endurent . Protégez-les leurs autant que faire se peut .
Par Liza - Communauté : Utopia
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Lundi 26 janvier 2009


J’y ai laissé ma vie à demi … beaucoup plus, sans doute, j’ai choisi de ne pas choisir d’exister … pour laisser ma place … je croyais que c’était plus juste de ne mettre en danger que ma vie trop pesante, trop écrasante, mais l’Amour toujours plus fort que tout ne l’a pas entendu ainsi . ce monde m’a détruite, m’a broyée, mais je suis restée toutes ces années, dans un silence qui n’entraînait que moi . Rebelle pour les autres et animal traqué qui ne croyait pas en sa propre existence … le regard des autres me fait exister de temps en temps, par fragments … qu’il est dur de survivre lorsque la vie s’étire en longueur à en déchirer le cœur et a en attenter à mon âme meurtrie déjà depuis tant de décennies ? Que faire de ma non-vie, de ma souffrance, de la violence que je retourne contre moi … parce que j’ai mal au monde … mal aux autres … et je n’ai pas appris, pas compris, pas accepté « les règles » de la vie . C’est une chose qu’ont sans doute en commun toutes les anorexiques … Elles ne pensent qu’aux autres, elles les aiment à en mourir . Leur cœur et leur âme sont tellement meurtris, abîmés par toute cette souffrance . Elles connaissent le cœur de l’Humain comme personne . Le leur est trop grand pour elles, c’est pour ça qu’elles saignent et que leurs blessures ne sont pas de celles qui cicatrisent . Elles ne rêvent de rien qui ne soit intangible, c’est ce paradoxe que personne ne peut … ni ne veut comprendre …elles ne rêvent de possibles que pour les autres, elles ont un sens de l’altruisme qui découle de leur instinct d’empathie qui va aussi loin qu’il est possible, et jamais elles ne seront invincibles, parce que leur faim de rien n’est pas une fin en soi, ça va de soit . Le manque toujours et ce vide inépuisable les aspire et les brisent . Elles ont une soif inextinguible d’un Absolu qui ressemblerait à un lac bleu marine, un lac calme et sans rides et un monde sans soubresauts, sans à-coups, sans larmes déversées tout autour de cette Terre … perles de larmes qui tissent le Lien de l’Humain, elles sont récepteurs et capteurs et émetteurs à la fois, captives de leur mal secret, dissimulé et trop visible aux yeux des regards de glace … elles ne parlent pas des goûts et des couleurs, elles ne savent pas comment fonctionnent les projections longue durée de vies rêvées qui ne seraient qu’une sorte d’aboutissement alors que ça n’a pas de sens, que tous les questionnements s’ouvrent sur d’autres questionnements, une porte ouverte, puis une autre, et une autre encore dans ce long corridor d’une vie en de-ça,  et ça n’en finit jamais, alors que tout est inachevé comme toutes les symphonies des nymphes et des enchanteurs dont le chant va vibrer, flûter dans une autre monde, un autre ailleurs, un ailleurs qui n’est pas leur, les illusions les usent, elles décodent, décryptent trop bien tout ce qui ne s’articule qu’autour du faux, du mensonge, de la trahison … déserteurs d’horizons . Les anorexiques n’ont jamais cette assurance tranquille de ceux qui ne doutent pas d’eux-mêmes, elles tremblent comme des feuilles papillonnantes au moindre mot à dire, au geste à esquisser, elles en restent à l’esquisse, précisément, à l’ébauche et tombent bien avant d’affirmer leurs traits au fusain, à l’encre des souvenirs, aux pinceaux cachetiers … les châteaux de sable et les sables mouvants sont autant … pour les uns autant d’œuvres effondrées, emportées par des vagues pourtant sans violence, les seconds les font  s’enliser dans un monde qui les rejette est le danger qui les guette .
Par Liza - Communauté : Utopia
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Lundi 26 janvier 2009


L’Amour toujours … elles savent pas le dire, pensent qu’elles n’y ont pas droit, qu’elles ne sont que des moins que rien à soustraire, à extraire, à extirper de cachettes trop visibles . Elles ne trahissent qu’elles-mêmes . pour elles jamais de dérobade . Jamais d’aubade ni d’aubaine, seulement sans discontinuité des chemins manqués, des allées détournées dans retour possible … elles n’observent jamais rien ni personne à la dérobée . Leur cœur et leur âme plongent dans tous les miroirs des regards des autres où elles cherchent désespérément un brin de compréhension qu’elles ne peuvent pas même espérer … Elles se livrent cash et n’ont que de tristes flash back . Elles se gomment toujours plus et s’effacent peu à peu, et ça peut être terrible, ça peut être brutal … ça peut être fatal . Anorexie comme sphère et seul repère dans le manque, l’absence et la solitude, on les voit à peine, elles sont usées par des regards indifférents … le goût de vivre elles ne l’ont jamais connu . Leur vie on la leur a dérobée … alors elle vole en éclat . Les débris dorés des rêves d’ailleurs voyageurs fracassés, ces couleurs qui leur apportait un peu de paix, le temps d’une pause et d’un instant volé … non, emprunté au temps . Elles ne savent pas dire … il était une fois . comme si leur vie n’avait aucune consistance . L’inconstance, l’insouciance, l’inconscience … Elles sont aux antipodes de ces réalités qui rabaissent l’âme et fissure insidieusement . Elles cherchent les étoiles filantes et leurs sillages et ne les trouvent jamais . Sous la voûte étoilée où elles grelottent dans les nuits de glace elles cherchent la petite flamme qui ne s’éteindra pas . La clé des champs, ça n’a l’air de rien, tout comme l’école buissonnière, mais ces petites filles trop sages comme les images d’autrefois devenues trop tôt trop grandes avec des corps d’enfants qu’elles ne veulent … qu’elles ne peuvent pas lâcher, renoncer à une vie de cristal est la pire chose qu’on puisse leur imposer . Elles dansent dans un prisme à nul autre pareil, et la vie s’ensommeille surtout lorsqu’elles veillent . Comment leur dire que leur langage est traductible, leur vision transmissible par la voie des ondes, question de fréquence, que par la voix elles peuvent ralentir le cours des choses, le cours d’un avenir tendance chaotique, tout en elles est détruit mais tout est authentique et tout est intact puisque rien n’est opaque . les êtres les plus purs sont ceux qu’on n’entrevoit pas … qu’on n’écoute pas . autre mode, autre tempo, autre sphère, autre terre … Elles se sentent de trop dans un monde impitoyable et n’en finissent pas d’effacer jusqu’à leurs dernières traces, elles portent en elles toute la misère et la souffrance du monde parce qu’il en est ainsi depuis la nuit de leur temps, leurs vies sont sub-humaines, elles n’ont pas le droit de déployer leurs ailes … que savent ceux qui vivent à toute vapeur de leur soyeuse chatoyance ? Que sait-on des miroirs qu’elles tendent aux autres en offrande parce que jamais elles ne jugent, elles souffrent assez pour se donner le mal d’avoir encore plus mal … Un octave en-dessous elles se mettent en veilleuses, ce sont les dernières gardiennes de phares, elles ne cessent jamais de descendre à n’aspirent à aucune transcendance … elles se savent papillons condamnés à l’éphémère, et le temps d’une vie peut-on accomplir sa mission quand on est un être de cristal … Elles portent en elles toutes ces questions liées à l’ Essentiel … Les anges de cette Terre sont en voie d’extinction dès lors qu’elles renoncent à trouver leur voix … et leur voie … Il leur manque l’ancrage, les repères, les boussoles, elles n’ont que la note qui fonde le Lien . Humaines, infiniment … Elles sont les garantes de l’Universalité, de la Fraternité . Leur souffrance est un message qui n’est en rien subliminal . Elles n’attendent qu’un signe qui les transforme en cygnes blanc pur . Rien de dur pour celles pour qui rien ne dure et qui n’ont pas accès à ce que d’aucun nomment étrangement le bon-heur . Que file l’heure, elles restent là . Pour les autres . Et si nous rêvions de la fin de toutes les faims ? Du détournement d’un tourment à visée humanitaire ? Cet espace est ouvert, afin de permettre au Lien de se renouer au fil de l’Humain … Et si la faim du rien avait une fin possible ? On n’a jamais fait le tour d’aucune question . Les pointillés sont faits pour construire des ponts … Et si rien ne scintille encore, la béance peut se muer en ouverture, aventure, exploration au cœur de l’Humain … L’Universel et les anges à intégrer dans un monde réel remodelé à une autre échelle … L’âme n’a pas de prix, et l’anorexie est son cri . Celui du papillon … Songez-y . C’est une vraie question de Vie … Le chaos n’est pas inéluctable . Un geste, un mot, un regard peut remodeler, reconstituer la ligne de l’horizon tombé en poussière … le battement d’aile comme un battement de cils … le sang versé des anges éperdus dans leur soif d’Absolu … Miroirs tendus qui ne brillent pas … qui ne mentent pas … ne trahissent pas … mais si on regarde ailleurs tout est vain … Le cristal chantant a donné le ton … pureté qui tinte de loin en loin … La voix du cœur et de l’Ame unis à l’unisson …
Par Liza - Communauté : Utopia
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Lundi 26 janvier 2009
Par Liza - Communauté : Utopia
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Lundi 26 janvier 2009
Par Liza - Communauté : Utopia
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Lundi 26 janvier 2009
Par Liza - Communauté : Utopia
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Lundi 26 janvier 2009


A force de me sentir transparente je le suis devenue . On m’a eue à l’usure . Je veux bien endosser toutes les formes de culpabilité, il est tellement flagrant que je suis réellement l’incarnation d’un échec . Personne ne pouvait aimer un cloporte, comme moi . Et ce mot, je l’ai souvent utilisé pour désigner la façon dont « on » me traitait . J’aurais pu dire parasite, aussi . Maintenant c’est tout ce que je suis pour moi-même . Quand on éteint sa lumière intérieure si vacillante, il n’y a vraiment plus rien à faire . Il était inutile que je cherche un moyen de parler de l’anorexie . Je n’ai pas su me sauver moi-même, je suis la dernière capable de montrer jusqu’où tout ce jeu qui n’en a jamais été un pour moi peut mener . Vais-je dormir, suis-je encore un peu en vie ? Je ne ressens plus rien . Je suis exsangue, je l’ai écrit mille fois mais il me semble que plus rien ne coule dans mes veines . L’usure l’emporte . Je me suis rendue il y a un temps infini . Mais ce temps n’existe pas . Je n’ai pas existé . Etrange parcours d’une martienne venue de Vénus … ou plutôt d’une planète qui n’existe pas . Ou d’une étoile morte depuis des années-lumière . J’écris pour rien . J’ai survécu pour rien . Je suis plus que fatiguée . Je ne sais pas ce qui m’a achevée . Ca n’a plus d’importance . Je n’avais pas de corps ou du moins je le refusais, mon cerveau embrumé me fait m’emplir de vide, toujours plus, il n’y a plus de limites, plus de frontières . Je dors . Shootée pour de bon . A vie . A mort . Seul le mot me fait peur . Je ne veux plus penser, je suis déconnectée, je suis si loin de tout, si loin de … moi . Je n’ai plus nourri mon cerveau, je ne ressens plus en moi la moindre vibration, la moindre trace d’énergie vitale . Jouer avec le feu mène à quelque chose de pire que tout ce qu’on peut se représenter . On achève bien les cormorans . Plus rien ne tient, plus rien ne vient . Je dois bouger pour être physiquement inerte . Mission impossible . Vie impossible . Je ne vois plus rien, je ne ressens plus rien . L’usure a triomphé . Je finis coupable . Comme je suis née . Déracinée . Détachée . Je ne suis même pas humaine, si j’en suis là . Je ne me conjugue plus qu’au passé . Le pire est toujours pire que ce à quoi on s’attendait . Traitement de choc … état de choc . Sera-t-il définitif, ai-je déjà connu une telle prostration ? Tout s’efface, comme je m’efface . En silence, à l’abandon . Je veux dormir . Si j’en ai la force … Ultime paradoxe . Dé-liaison … ou détachement ultime .
Par Liza - Communauté : Utopia
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Lundi 26 janvier 2009
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 27 janvier 2009
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 27 janvier 2009
Par Liza - Communauté : Utopia
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  • : Je ne suis pas qu'une "ex" anorexique, rescapée . Mon témoignage, je l'ai puisé à mains nues dans ma souffrance dans l'espoir d'aider ne serait-ce qu'une seule personne. Mais si j'aime l'Humain, c'est dans sa diversité . J'ai écrit ce livre "Le cri du papillon indigo", pour tous ceux et celles qui sont touché(e)s de près ou de loin par l'anorexie . Et à travers ma sensibilité j'essaie de comprendre chaque être et d'apporter un éclairage sur cette maladie terrible qu'est l'anorexie .
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