Anorexie comme sphère et seul repère dans le manque, l’absence et la solitude, on les voit à peine, elles sont usées par des regards indifférents … le goût de vivre elles ne l’ont jamais connu .
Leur vie on la leur a dérobée … alors elle vole en éclat . Les débris dorés des rêves d’ailleurs voyageurs fracassés, ces couleurs qui leur apportait un peu de paix, le temps d’une pause et d’un
instant volé … non, emprunté au temps . Elles ne savent pas dire … il était une fois . comme si leur vie n’avait aucune consistance . L’inconstance, l’insouciance, l’inconscience … Elles sont aux
antipodes de ces réalités qui rabaissent l’âme et fissure insidieusement . Elles cherchent les étoiles filantes et leurs sillages et ne les trouvent jamais . Sous la voûte étoilée où elles
grelottent dans les nuits de glace elles cherchent la petite flamme qui ne s’éteindra pas . La clé des champs, ça n’a l’air de rien, tout comme l’école buissonnière, mais ces petites filles trop
sages comme les images d’autrefois devenues trop tôt trop grandes avec des corps d’enfants qu’elles ne veulent … qu’elles ne peuvent pas lâcher, renoncer à une vie de cristal est la pire chose
qu’on puisse leur imposer . Elles dansent dans un prisme à nul autre pareil, et la vie s’ensommeille surtout lorsqu’elles veillent . Comment leur dire que leur langage est traductible, leur vision
transmissible par la voie des ondes, question de fréquence, que par la voix elles peuvent ralentir le cours des choses, le cours d’un avenir tendance chaotique, tout en elles est détruit mais tout
est authentique et tout est intact puisque rien n’est opaque . les êtres les plus purs sont ceux qu’on n’entrevoit pas … qu’on n’écoute pas . autre mode, autre tempo, autre sphère, autre terre …
Elles se sentent de trop dans un monde impitoyable et n’en finissent pas d’effacer jusqu’à leurs dernières traces, elles portent en elles toute la misère et la souffrance du monde parce qu’il en
est ainsi depuis la nuit de leur temps, leurs vies sont sub-humaines, elles n’ont pas le droit de déployer leurs ailes … que savent ceux qui vivent à toute vapeur de leur soyeuse
chatoyance ?
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Je ne suis pas qu'une "ex" anorexique, rescapée . Mon témoignage, je l'ai puisé à mains nues dans ma souffrance dans l'espoir d'aider ne serait-ce qu'une seule personne. Mais si j'aime l'Humain, c'est dans sa diversité . J'ai écrit ce livre "Le cri du papillon indigo", pour tous ceux et celles qui sont touché(e)s de près ou de loin par l'anorexie . Et à travers ma sensibilité j'essaie de comprendre chaque être et d'apporter un éclairage sur cette maladie terrible qu'est l'anorexie .