Dimanche 5 juillet 2009
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20:45
J’ai
été on ne peut plus pointilleuse, tout au long de ma non-vie, il me fallait à tout prix chercher, trouver le mot juste pour décrire, exprimer ou opprimer … l’émotion et tout ce qui était en jeu
dans l’histoire, j’y mettais non pas un point d’honneur, mais quelque chose que j’ai du perdre dans ce dernier incident-accident … mortel, mais qui le sait … quelque chose comme une
hyperconscience, trop rigide, trop exigeante, trop … pas assez … humaine ? Si l’humain n’est pas pétri d’émotions, alors il n’est pas humain, on le sait bien, ou peut-être pas assez … Je suis
morte mais sous-tension, silence de peur, dans cette absence, cette mort trop vivante, je suis coincée chez moi, le bruit dans l’escalier qui est là pour me rappeler quand je suis morte, et
pourquoi, mais je n’en parlerai pas, je ne parlerai de rien, je suis épuisée, laissez-moi enfin couler, les mots qui sont miens ne m’ont été d’aucun secours, et les vôtres, vous les avez gardés
précieusement, jalousement, comme si on allait vous les dérober, vous les voler … à l’arrachée, vol à la tire, c’est moi qui me tire, une balle dans le caisson, il est vide, ça ne craint plus rien,
pas le barillet mais le caisson lui-même, je sais, vous l’aviez compris, mais je ne suis pas sûre que vous me suiviez dans mon délire, je ne me suis même plus moi-même, puisque je ne suis même plus
moi-même, je ne suis … je n’ai jamais été personne, ravageurs des cœurs brûlés, qu’éprouvez-vous comme jouissance à faire souffrir ceux que vous jugez comme autant de minables proies potentielles,
avec vos gestes brusques, dans l’intentionnel, ça va de soi, moi j’écris dans le vent, et pour du vent, de celui qui ne fait tourner ni les moulins ni les éoliennes, de celui qui emporte en
douceur, valeurs et émotions, sans parler de sentiments … il paraît que ça fait trop mal, alors j’ai eu plus que ma dose, je dis basta, je suis morte, ne me jetez pas des pierres … par-dessus la
tête, ou par-dessus la terre, je sais, discours mortifère, mais je ne connais plus rien d’autre, pas même dans la violence, je suis trop morte pour ça, enfermée dans ce silence de plomb,
laissez-moi, enfin, ne me demandez plus rien, je n’ai jamais trouvé aucune réponse, et je n’ai pas d’enfant, rien après moi, et aucune question, tout avant moi, mais moi … pas d’enfance autre que
triste, sans référence, abandonnée, repliée, pâquerette chiffonnée par un pas pressant, écrasant, oppressant, opprimant ...
Par Liza
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