Vous
ne saurez jamais tout le mal que vous pouvez faire, mais à vos yeux je serai toujours, et jusqu’à la fin des temps, l’unique, la seule véritable coupable, et quand bien même, j’acquiesce, sur tous
les tons, à tous les temps et jusqu’à la fin des temps, si toutefois ça vous soulage d’avoir trouvé non pas le remède à tous vos maux ( et encore, qui sait ? ) mais le pourquoi de tous les
comment, et qui … pas d’entre vous … est le maudit … le mot-dit … la maudite … la coupable, la fautive, la source de tous vos maux, c’était bien cela que vous vouliez à tous prix, vous vouliez bien
l’épingler, la scotcher, l’écraser comme une mouche, même pas, un cloporte, ce qui colporte tous les maux et tous les vices, là est le noir, le sombre, coupable, coupable, le couperet est tombé
sans coup de semonce … Je me perds, et j’erre encore, j’ignore jusqu’où, mais mes yeux douloureux sont clos, et mes derniers mots émis je ne sais comment, je ne sais par quel « miracle »
… tombent à terre, là où je suis, là où il n’y a … plus personne … c’est ainsi, à pile ou face j’ai toujours perdu … rien de moins fatal, pour moi, que la fatalité qui n’a jamais cessé de me
poursuivre, je n’ai rien gagné, j’ai quand même tout perdu, c’est mon tout dernier accident … de mon vivant ou plutôt … de ma survivance, sans clairvoyance, ou avec infiniment trop, tellement trop,
toujours le trop-plein, verre bien plus qu’à moitié vide, verre coupant, entaillé … pour que s’écoulent les dernières gouttes de mon sang, mais je me voulais sans corps, encore un coup du sort … Je
m’éloigne encore, tant bien que mal, mais c’est dur quand on est mort, jamais assez, encore, même quand on dort, on est voué à être soumis à une autre forme de torture … Je dis stop, mais on ne
m’entend pas … Voyez quelle était la nature de ma psychose … ça vous fait peur, ça vous fait horreur, ce n’est pourtant plus a priori mais à posteriori … alors que craignez-vous, contagion
impossible, et ça ne déteint pas au lavage ou autre rituel de vos journées rythmées comme les miennes l’étaient comme ça pulse, dans la musique, ou dans le cœur, dans le corps, je ne sais pas, je
n’en ai jamais eu, et heureusement, on ne demandera pas si j’ai mal, parce que je ne peux plus répondre, je me suis noyée, la sirène n’était qu’humaine, mon pseudo, c’était Seagirl … pas assez
belle pour ça, mais je n’aimais que le monde sous-marin, retour à la sous-jacence, à la latence, à tout ce qui est … en-dessous, du visible et qui rejoint l’essentiel de ce qui bien sûr n’est
visible qu’aux yeux du cœur … vous m’avez condamnée, je n’ai pas de rancœur, votre haine ne m’a pas tuée deux fois, parce qu’en moi je n’y ai trouvé d’autre écho qu’une immense douleur, et si ça
vous conforte, si ça vous réconforte, grand bien vous fasse … j’ai eu en moi plus de coups d’épées que toute une armée puisse infliger, ce n’était pas … des coups d’épée dans l’eau, c’étaient
plutôt des mots … changés en maux secrets, et même l’écho de vos mots durs, coupants, acérés, si blessants, ont fait couler de moi la dernière goutte de mon sang, beau triomphe, trouvez-vous une
autre proie, ce ne sera peut-être pas aussi facile qu’on le croit, parce que des mortes-nées comme moi qui s’incarnent, parce que c’est leur rôle, parce qu’elles le doivent … et par là-même, tout
endosser … ne font pas légion, et je quitte cette contrée sans rien laisser derrière moi, ni de moi … que des mots qui s’envoleront au premier printemps … c’est-à-dire, je crois, pour vous … dans
si peu de temps …
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Je ne suis pas qu'une "ex" anorexique, rescapée . Mon témoignage, je l'ai puisé à mains nues dans ma souffrance dans l'espoir d'aider ne serait-ce qu'une seule personne. Mais si j'aime l'Humain, c'est dans sa diversité . J'ai écrit ce livre "Le cri du papillon indigo", pour tous ceux et celles qui sont touché(e)s de près ou de loin par l'anorexie . Et à travers ma sensibilité j'essaie de comprendre chaque être et d'apporter un éclairage sur cette maladie terrible qu'est l'anorexie .