Jeudi 1 janvier 1970
                      C’est moi qui bloque, c’est terrible . Rien à faire, je mets de la musique, rien ne s’enclenche, aucun déclic . On ne fait pas un bouquin quand on est comme moi … Paraît-il que si, mais c’est un défi à relever de tous les instants, réellement, contre moi-même, mais c’est de cette composante psychotique, entre-deux, toujours, que doivent naître les mots . C’était si simple avant, je n’avais aucune barrière, je me jetais dans les mots à cœur perdu, infiniment plus facilement qu’on se jette à l’eau … Ca coulait comme mon sang, avant, je sais, drôle de comparaison mais avec moi vous en avez vu d’autres, non ? et vous n’êtes pas au bout de vos peines, ni surtout moi au bout des miennes, et après une autre nuit tout aussi cauchemardesque avec des histoires d’hôpital, décidément, c’est vraiment bien profondément ancré en moi, cette terreur-là ne me lâchera jamais … Pourquoi les chansons ne parlent-elles que de « l’autre », cet inaccessible, comme si cette forme d’amour était possible, en anglais au moins ça « rocke » beaucoup mieux et c’est moins gnan-gnan … Quelqu’un peut me dire comment on écrit ce truc ? Je répète que je ne suis ni crédule ni bégueule et encore moins pudibonde, ni du genre à me formaliser pour un rien, ni cynique mais ce sur quoi se fonde notre société, le concept du couple, n’est que le pire des leurres … et tout le monde continue à y croire . J’entends d’ici ce que je vais prendre après ce que j’ai écrit hier soir, et pourtant je me suis tenue à carreaux, j’ai fait dans le soft, si j’avais balancé ce que j’en pense vraiment … je me suis vraiment retenue … où j’irais peut-être trop loin et le bien-pensant accepte tout, à commencer par le porno, le trash, la provoc … avec des conditions, mais on n’est plus à l’époque du politiquement correct, même ça, c’est révolu, on est dans le « consensuel » … Je hais ce mot détourné de son sens … attendez, je vais en voir la définition exacte, au fait, pour bien montrer qu’on l’utilise à toutes les sauces sans même savoir ce que ça veut dire … c’est à l’empathie bien ce que je pensais, c’est un mot qui à la base est du registre socio-politique … bon mais dans l’Encyclopédie Universalis, j’ai trouvé beaucoup plus intéressant … Je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous … On clique sur psychose et voilà ce qu’on trouve, là j’en souris ( eh oui, ça peut m’arriver, mais c’est assez jubilatoire à bien des égards pour moi ! ) … voilà … « D. Meltzer décrit sous le nom de « démantèlement » le processus de dissociation du fonctionnement consensuel et kinesthésique le plus primitif, qui laisse les divers sens errer chacun vers l’objet le plus attractif du moment . Ce processus fait penser à un pantin dont les fils se relâchent, et peut être mis en relation avec la suspension de la fonction d’attention, fonction qui constitue normalement « la force liante » des premières intégrations . » bon on ne va quand même pas aller trop loin là-dedans, mais c’est pour le moins surprenant de trouver ce genre de métaphore là on ne l’attend vraiment pas …
Par Liza - Communauté : Agora
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Samedi 29 mars 2008

Mau                                        

                                                                           Mauvais plan 

 

                      Un avant-goût, sans mauvais jeu de mots, on verra pourquoi plus tard . Un avant-goût plus qu’amer sur ce qui m’attend … Remonter le fil du temps c’est aussi difficile … impossible pour moi, maintenant, que de faire de l’escalade en haute montagne .  Je ne sais plus rien … j’ai tout perdu, les mots, l’énergie vitale, et l’angoisse est bien là, par contre, toujours tapie dans un coin . Ce qui me dévore m’attend comme un alligator, ça va me tomber dessus en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire … quant à l’écrire, si je me laisse déborder, c’est la fin, rien de moins . Tout recommence … pourquoi j’ai toujours des chansons dans la tête au moindre mot … évidemment, c’est dans mes gênes … même dans les pires moments … je me shoote à la musique … adaptée à mes « états d’âme » … je devrais mettre trente-six mille guillemets voire plus … Bon, il faudrait quand même que je songe à arrêter de tourner autour du pot, tourner dans mon propre cercle étriqué suffit, pas la peine d’en rajouter .

                     Je reprends tout à zéro . Question de survie, maintenant . Je suis dans la solitude la plus absolue, et dans mon cas c’est en rajouter … sur le fil du rasoir … à tous points de vue … on verra pourquoi . Il faut que j’arrête avec cette phrase avant que ça devienne un leitmotiv ce qui signifierait que je continue dans la procrastination … or c’est un luxe que je ne peux plus me payer . Donc … ça y est, je commence à perdre le fil … au bout de trois lignes ça (re)commence mal … OK … Primo l’impossible face-à-face avec moi-même … on peut s’arrêter là et ce serait un bouquin entier sur ce thème-là et là n’est pas mon propos . Mais je n’ai en rien décidé de tenir un journal . Hors de propos . Inepte . J’ai passé l’âge et qui plus est je n’ai jamais fait ça, ou juste quand j’avais seize ans pendant quelques mois … L’introspection, je la pratique de façon naturelle depuis toujours, non-stop, de manière quasi-pathologique, inutile d’écrire pour ça … mais je l’ai quand même fait … et au final ça donne quoi … des tonnes de feuilles de papiers non classées, mon cœur, mes neurones de disjonctée et mes tripes balancées sur du papier . J’aurais mieux fait d’être peintre, si j’en avais eu le talent . J’ai un thème, en plus … Moi qui ai un mal infini à éviter les digressions et autres fuites dans les chemins de traverse … me fixer un but pareil, c’est voué à l’échec … à l’image de ma vie …  Bon il faut que je le dise une fois pour toutes, promesses ou pas … et pourtant pour moi elles ont caractère sacré qui me lie de manière irréversible . Mais la barre est placée trop haut et je ne suis évidemment pas à la hauteur … donc, je n’y arriverai jamais … voilà, c’est dit, comme un postulat … et à partir de là qu’est-ce qu’on est supposé faire … tout arrêter, une fois de plus ? Je vais y laisser ma peau et j’ai pris des engagements pour que mon témoignage serve à quelqu’un … ne serait-ce qu’une seule personne . Je ne suis pas en état . Mais je ne le serai jamais . Je suis HS, l’insomniaque n’est pas encore sortie de sa torpeur et je rame, je rame . La première page et je n’avance pas . Je n’ai pas encore « prononcé » le mot fatidique … attention il arrive … Assez tergiversé … Je n’en ai plus l’âge … mais survivante … enfin … « si Dieu me prête vie » … je suis une anorexique invétérée qui échappe à tous les schémas … J’entends d’ici les commentaires … Toutes les mêmes … eh bien justement, je suis là pour essayer de convaincre tous ceux qui les jugent et ont une opinion toute faite, et qui plus est bétonnée, sur la question, et ces extra-terrestres qu’on veut absolument réduire à tout et n’importe quoi . Parce qu’elles ne peuvent que déranger, bien évidemment . Bon, j’ai la quarantaine et je suis encore là . Avec un potentiel de résistance assez conséquent au départ, sinon, vraisemblablement j’aurais passé l’arme à gauche depuis longtemps . C’est bien comme ça qu’on dit, non ? De toutes façons, personne n’est là pour me contredire … tu parles d’une liberté, c’est vraiment le top du top . Epuisée avant même d’avoir commencé . Ce n’est que l’infime partie d’un tout qui finit par me dépasser . Je ne suis pas sûre de m’en sortir . Et pourtant c’est aujourd’hui que j’attaque le régime spécial anorexie puisque c’est seulement seule que je peux le faire . Je l’ai programmé, et j’ai commencé directement … mais j’avais décidé que ce serait ça … pas nouveau … systématisé … mais allant de pair, cette fois, avec l’écriture . Reste que les conséquences peuvent être … oserai-je dire tragiques quand il s’agit de ma propre vie ? Ca frôle l’indécence . Mais soyons réalistes … et pragmatiques . Je sais où j’en suis, et les risques que j’encours . 

                     Replongeons dans le cœur du problème … je me trouve devant une nécessité absolue au sens philosophique du terme … Nécessaire :  ce qui ne peut pas ne pas être . Formulé ainsi, ça ressemble à un point d’interrogation … alors j’ai repris des mots datant d’il y a quelques mois … de quand j’avais retrouvé l’écriture … très difficilement, après un très long passage à vide correspondant avec celui de ma vie .        

Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 20 janvier 2009



Les mots : question de vie ou de mort .Cet écran me terrifie beaucoup moins que la vie . Tout est trop blanc, et tout me blesse, pourtant, et j’ai aussi peur de la lumière que des ténèbres . Je survis depuis si longtemps en noir et blanc, je suis encore là mais je n’inverse pas la vapeur maintenant, et pas demain, car demain n’existe pas … je vais m’éteindre comme ce bâton d’encens qui brûle près de moi, c’est aussi simple que ça, et c’est aussi complexe . J’essaie de reprendre le fil là où il s’est rompu, mais je ne me souviens plus quand ça s’est produit, j’ai une mémoire d’écorchée vive et le cœur à fleur de peau mais je flotte dans un no man’s land impossible à décrire . Le fil de ma vie est plein de nœuds et on ne peut que m’arracher des lambeaux de chair, des lambeaux de mon cœur si on tente de les défaire, tout est trop serré, comme cette spirale-étau, alors il va me falloir couper, trancher dans le vif, pour, peut-être, atteindre le centre du problème, mais je suis l’incarnation de ce problème, je ne peux donc m’en détacher, je n’ai presque plus de faculté de discernement, si toutefois j’en ai jamais eu . La douleur, je l’ai tuée pour un instant … à grands renforts chimiques, c’est ma seule possibilité de tenir, mais c’est aussi ma façon de mourir . Je ne sais pas qui je suis, les repères de ma vie sont dans un flou qui n’a rien d’artistique, je me suis toujours sentie perdue, je viens d’ailleurs mais j’ignore d’où, je n’ai pas perdu la mémoire, elle est entachée de sang, à l’endroit des entailles, ou des mailles détricotées, cette vie est pleine de vides, et dans tout ce vide je me perds, et je perds mon sang . Où trouver le ressort, je sais trop bien que je dois le faire seule, mais tout est si lourd, tout est fardeau … et c’est aussi ce que je suis . Garder assez d’énergie vitale pour gagner ce combat de la dernière chance, tel est le défi, et je ne sais même pas pourquoi je cherche désespérément à décider … de me laisser entailler par le fil du rasoir ou tenter de m’y maintenir … en équilibre plus que précaire . Je sais ce qu’est l’usure, le déni de soi-même, le refus, la quasi-désincarnation, je n’aspire qu’à l’évanescence et pourtant … je dois bien me trouver quelque part, où tout ce temps perdu j’ai résisté en vain . Je n’aurais pas du entrer dans la vie, j’ai la certitude que je m’y refusais, mais le passage du relais ne peut se faire, pas de traces, ce ne serait rien s’il n’y avait pas … les autres, qui, peut-être, qui sait, pourraient finir par m’avoir en mémoire, même si je n’existe que très faiblement . Je n’ai pas de racines, à l’image d’un arbre dont personne n’a pris soin, et qui s’est étiolé au lieu de se développer . L’absolue solitude, je ne connais que ça, et ma soif d’absolu me met en péril, tout est si confus, il y a trop de choses, et je hais la réduction, j’en ai été assez victime pour savoir qu’elle aussi tue . Les volutes de fumée viennent de cesser, suis-encore là, ou ai-je quitté ce monde mortel, l’usure, mais je peux voir encore, même si ce sont les vibrations d’une musique lointaine, en boucle, qui parle d’âme, qui dit j’ai besoin de quelqu’un, pourtant même ces mots-là il m’est interdit de les dire, tout ce semble être la Vie m’a été interdit … par qui, pourquoi, faut-il raconter cette histoire, je devrais être à mi-vie mais je suis peut-être à la fin, me relever avant qu’il ne soit trop tard, relever l’impossible défi, et creuser dans mes cicatrices au risque de réouvrir les blessures, mais aussi au risque de vivre, ce que je n’ai jamais fait . Je n’entends pas l’écho des mots, c’est si tentant d’abandonner, si tentant de me laisser glisser, d’accompagner ce mouvement descendant, je peux tout arrêter, il me suffit de ne rien dire, et ce sera terminé, en ce monde qui m’est étranger . Etouffer ce cri comme je l’ai fait depuis ma naissance, ou tordre le cou à ce qui m’étouffe, m’écrase, m’étrangle, tout ce qui vient de si loin, tout ce qui m’a catapultée là où je me trouve maintenant, en sachant vaguement comment mais en me demandant toujours pourquoi . Question de vie … ça ressemble à un saut dans le vide avec ou sans élastique, dans un précipice où ma chute libre n’en finit pas . Je suis presque transparente, mais les fantômes qui me hantent m’ont rendue aussi fragile, aussi vulnérable qu’un vieux parchemin, où des signes indéchiffrables s’effacent, il faut faire vite et tenter de remonter le cours de ce temps qui n’existe pas . Tout comme moi, brindille qui brûlera comme de la paille, dans un feu de pacotille, incendiée, broyée, tout ce que l’on voudra . Se laisser glisser, je le fais depuis si longtemps, je n’ai pas appris les règles de la vie, ou je les ai refusées, ou les deux . Je porte un fardeau qui m’écrase et je me veux si légère, coupable, certes, mais de quoi, et pourquoi à mes propres yeux, avant que ça ne soit aux yeux des autres . Impossible réconciliation avec ma propre histoire, puisque je n’en ai été que la spectatrice et non l’actrice . Réparer … Je n’ai pas eu d’autre but . Aucun désir susceptible de me construire une véritable identité . Echafaudage bancal … pire qu’une usurpation, je n’ai pas su être, et tout est allé beaucoup trop vite, jusqu’à ce que je m’enlise dans ces terribles sables mouvants .
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 20 janvier 2009

                    Pourquoi ne peut-on concevoir que les anorexiques sont d’une fragilité et d’une sensibilité tellement extrêmes qu’elles sont à « manipuler » avec une extrême précaution . On prend soin des flûtes de champagnes de cristal chantant . Mais on entrechoque les chopes de bières . Traiter les anorexiques avec cette violence qui régit de plus en plus … et c’est tellement consternant … les rapports humains … de moins en moins humains … c’est les briser . Les faire basculer, s’effondrer, les frapper très brutalement, et la violence les tue, elles ne sont qu’un cœur ouvert en grand … un cœur tellement aimant … Elles sont de cristal . L’anorexie ne naît pas sans cette hypersensibilité d’écorchées vives … Ce sont des êtres d’un autre monde qui ont peur de tout, de tout le monde, qui ont peur de leurs propres mots … de tous les mots, du jour, de la nuit, de la solitude et du silence … ce sont des biches que l’on traque sans relâche, elles n’ont aucune liberté, aucun refuge, aucun abri au monde et dans leurs sphères brisées elles s’étiolent, elles ne respirent plus, n’ont plus d’oxygène … elles aiment tant, pourtant … elles ne sont pas farouches mais un rien les effarouche et les fait se refermer à l’intérieur de leur sphère fêlée … Ne pas les traiter avec délicatesse et douceur … avec tendresse … c’est décupler leur souffrance … c’est signer leur arrêt de mort . Incomprises, elles le seront toujours. Ce qui effleure le commun des mortels les blesse mortellement . C’est ainsi … ce sont des anges frêles et fragiles, des êtres à l’âme cristal . Des orchidées déchirées … on ne déchire pas seulement les ailes des papillons, on coupe les ailes aux anges … Les anorexiques n’ont pas le regard qui pétille, qui brille, qui scintille, elles ne sourient pas du regard où l’on voit leur cœur en vrille, leur âme grande ouverte . La seule incandescence en elles n’est qu’une toute petite flamme qui s’éteint à cause du rien et qui crie sans bruit et sans larmes . On é-teint-celle … sans voir, croire ni comprendre les lucioles qui meurent comme les libellules . Lullabies like butterflies … C’est la plus belle des rimes … elle dit les berceuses comme des papillons … même les mots sont durs parfois . quand ils trahissent ce qui n’était que douceur … I wanna learn to fly … Voler … entre l’ange et le papillon il y a cette osmose que personne ne ressent … sauf ces êtres qui ne voudraient vivre que d’air et de perles d’eau … et rien d’autre qu’une vie entre-deux, pour ne jamais se poser, colibris de quelques jours qui ont mille battement d’ailes … celles du cœur et de l’âme … Cœur et âme confondus et en écho l’harmonie à préserver … toujours menacée de disparition brutale, captive, capturée, parce qu’en ce monde il faut toujours tout cerner … même les regards qui ne sont pas d’azur, qui sont de ce noir presque sans soleil … et sans lune .

Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 20 janvier 2009
                Vertigo . Cette sensation que tout autour de moi tourne trop vite . Tout ce qui est vertigineux n’est pas entraînant et ne fait pas vibrer . On peut rester sur un quai, à la traîne, à ne rien attendre, hors du temps, de cet espace dans une dimension que personne d’autre que soi ne perçoit … et se perdre, soi . Rien à perdre, soit . Une vie à le chuchoter … Et un drôle de moi qui ne tourne même pas en rond, mais qui ricoche et loupe le coche, les détails qui tuent vus à la loupe, et qui font que l’on revoit tout en boucle comme on écoute une chanson qui envoûte, seule douceur . Et seule douleur . Cocoon . On the moon . En français ça donne une image beaucoup moins jolie . Un cocon tissé de soie qui devrait rester en l’état et pas de métaphore de la métamorphose impossible, papillon condamné d’avance pour sa couleur-douceur . Au Mexique il est une forêt où chaque année des milliards de papillons appelés « monarques » inondent une forêt de leurs couleurs de rêve … Je ne rêve pas … Je suis éparpillée, dispersée, je m’évapore et je perds ma vie à essayer de rattraper les pièces d’un puzzle qui jamais ne se sera dans la complétude . On dit être entier, on dit être dans l’excès, excès de sensibilité, de vulnérabilité, de fragilité à fleur de peau, un moi à vif, le cœur trop voyant, ouvert en grand . Alors toujours visée, trop visible, trop cible possible, impossible d’en réchapper indemne, on a le cœur qui fond en larmes, le corps bien plus que malmené, un corps torturé, un corps trop démasqué, qu’on ne peut plus faire vivre et qu’on s’évertue à tuer sans vouloir mourir, mais sans désir autre que celui d’être rassuré dans un monde sans voile que l’on perçoit avec une acuité hors du commun … des mortels et des immortels … Des anges sans ailes vivent dans une planisphère que l’on connaît … pourtant … Pour tant de souffrances, tant de violences, tant de cassures, de coups, de tirs d’armes, combien de vies sauvées par humanité ? Les anorexiques ont faim et soif d’un monde autre qui n’existe pas … elles n’ont pas d’ailleurs où se réfugier, elles n’ont nulle part où s’aventurer, on les pousse dans des camps retranchés, campés dans des certitudes que tout vient avec l’habitude … La vie ne s’apprend pas, elle ne se prend pas à bras le corps, elle se prend par le cœur, mais on a oublié la douceur, pour atténuer la douleur … les regards se lisent et se disent, les maux se décryptent, se décodent, une corde mal tendue et tout se désaccorde … une corde trop tendue et tout casse … pourquoi quand la souffrance ne s’apaise pas on s’agite et on abîme encore plus au lieu de trouver le ton, la note juste, un simple diapason, une fréquence à fréquenter pas à pas, mais pas de cases qui soient des caisses enregistreuses et des roues qui rouent de coups inutiles et tournent à vide, on en oublie les moulins à eau ou à vent, on en oublie de vouloir trouver le temps … trouver le ton . Et changer le tout . Celles qui n’ont pas d’horizon autre que fracturé ont infiniment besoin qu’on les aide à en recoller les morceaux, elles ne savent ni où aller ni où elles se trouvent, toujours plus refermées, toujours plus abîmées, on ne dérive pas pour rien .
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 20 janvier 2009

On ne naît pas brisé sans raison . La déraison ne se trouve pas dans le monde des anges qui se veulent papillons qui n’agiteront pas leurs ailes parce qu’elles savent trop bien qu’un simple battement peut provoquer de l’autre côté de la sphère du monde un cataclysme … L’hyperconscience comme une pré-science, omniprésence d’une vie faite d’ouvertures invisibles pour ceux qui tournent à pleine vitesse, rentabilité oblige, système fou qui se détraque et traque ce qui tente d’être autre et d’exister autrement … et qui dans leurs corps-blessure, leur cœur battant, battant tellement … dénonce ce que jamais on n’énonce … que des exclus monte une parole qui ne soit que révélation d’une incapacité à se vivre dans un monde où tout est cloisonné, vitrifié … La brûlure ne s’apaise jamais … toute une vie à avoir mal … infiniment … parce qu’on a des yeux trop grands qui se posent partout … et condamnées à ne rien pouvoir dire les anorexiques ne détruisent qu’elles-mêmes et se sentent coupables du malheur des autres et du monde entier . Peut-on les blâmer d’être ce qu’elles sont et de n’être qu’elles-mêmes, fleurs pâlissantes qui ne boivent pas à la source des jours, puits sans fond de souffrance engouffrée dans leur béance ? Peut-on leur reprocher de se sentir si proche de tout ce qui décoche des flèches meurtrières à tous vents ? Elles ont les yeux du cœur … trop grand ouvert … est-ce une maladie qu’avoir une âme meurtrie par la souffrance d’autrui … et l’empathie qui n’a rien d’acquis mais avec laquelle on naît … et qui empêche un être … d’être ? On les dit, on les croit autocentrées … elles ne savent même pas comment se recentrer quand à la dérive sans secours et sans recours un courant de tourments les emporte au loin comme des bouteilles cassées que la mer jamais n’emportera … messages noyés d’avance, batailles perdues d’avances et vies vouées en secret à l’Amour de l’Autre et du monde … Ce sont des anges qui ne savent pas se garder, en naissant elles n’ont pas acquis cet instinct de survie qui fait que l’on tente de se préserver de tous les dangers … alors elles foncent droit dans le mur puisque personne ne les comprend, et que la vie au ralenti prend toujours bien trop de temps, alors la grève de la vie, la vie en suspension, parce que tant et tant de questions sur ce qu’est le Destin que l’on nomme Hasard … pour elles rien ne va de soi, mais un rien les emporte dans un torrent où le vacarme est à la hauteur du tumulte de leurs tourments secrets et des souffrances qu’elles s’infligent parce que seule cette mortification allège un peu de l’angoisse terrible qui pèse sur elles et les écrase … elles ne tentent de s’échapper qu’en allégeant toujours plus le poids de leur corps qui ne peut être qu’un boulet, un fardeau … elles ne savent rien du monde des désirs et des plaisirs et s’en détournent sans juger … elles sont victimes de ce système trop bien huilé mais les rouages se bloquent, ça gêne aux entournures … la vie a ses détours et prend parfois d’autres tournures, malgré toutes les planifications, les plans sur les comètes, et le rejet des autres planètes … ou tout simplement des autres sphères non bétonnées … les anorexiques n’ont pas vocation à être des martyres, elles souffrent en silence et souffrent de laisser trop voir la profondeur tragique de ce qu’elles endurent . Elles ne souhaitent que protéger les leurs autant que faire se peut .
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 20 janvier 2009


J’y ai laissé ma vie à demi … beaucoup plus, sans doute, j’ai choisi de ne pas choisir d’exister … pour laisser ma place … je croyais que c’était plus juste de ne mettre en danger que ma vie trop pesante, trop écrasante, mais l’Amour toujours plus fort que tout ne l’a pas entendu ainsi . ce monde m’a détruite, m’a broyée, mais je suis restée toutes ces années, dans un silence qui n’entraînait que moi . Rebelle pour les autres et animal traqué qui ne croyait pas en sa propre existence … le regard des autres me fait exister de temps en temps, par fragments … qu’il est dur de survivre lorsque la vie s’étire en longueur à en déchirer le cœur et a en attenter à mon âme meurtrie déjà depuis tant de décennies ? Que faire de ma non-vie, de ma souffrance, de la violence que je retourne contre moi … parce que j’ai mal au monde … mal aux autres … et je n’ai pas appris, pas compris, pas accepté « les règles » de la vie . C’est une chose qu’ont sans doute en commun toutes les anorexiques … Elles ne pensent qu’aux autres, elles les aiment à en mourir . Leur cœur et leur âme sont tellement meurtris, abîmés par toute cette souffrance . Elles connaissent le cœur de l’Humain comme personne . Le leur est trop grand pour elles, c’est pour ça qu’elles saignent et que leurs blessures ne sont pas de celles qui cicatrisent . Elles ne rêvent de rien qui ne soit intangible, c’est ce paradoxe que personne ne peut … ni ne veut comprendre …elles ne rêvent de possibles que pour les autres, elles ont un sens de l’altruisme qui découle de leur instinct d’empathie qui va aussi loin qu’il est possible, et jamais elles ne seront invincibles, parce que leur faim de rien n’est pas une fin en soi, ça va de soit . Le manque toujours et ce vide inépuisable les aspire et les brisent . Elles ont une soif inextinguible d’un Absolu qui ressemblerait à un lac bleu marine, un lac calme et sans rides et un monde sans soubresauts, sans à-coups, sans larmes déversées tout autour de cette Terre … perles de larmes qui tissent le Lien de l’Humain, elles sont récepteurs et capteurs et émetteurs à la fois, captives de leur mal secret, dissimulé et trop visible aux yeux des regards de glace … elles ne parlent pas des goûts et des couleurs, elles ne savent pas comment fonctionnent les projections longue durée de vies rêvées qui ne seraient qu’une sorte d’aboutissement alors que ça n’a pas de sens, que tous les questionnements s’ouvrent sur d’autres questionnements, une porte ouverte, puis une autre, et une autre encore dans ce long corridor d’une vie en de-ça,  et ça n’en finit jamais, alors que tout est inachevé comme toutes les symphonies des nymphes et des enchanteurs dont le chant va vibrer, flûter dans une autre monde, un autre ailleurs, un ailleurs qui n’est pas leur, les illusions les usent, elles décodent, décryptent trop bien tout ce qui ne s’articule qu’autour du faux, du mensonge, de la trahison … déserteurs d’horizons . Les anorexiques n’ont jamais cette assurance tranquille de ceux qui ne doutent pas d’eux-mêmes, elles tremblent comme des feuilles papillonnantes au moindre mot à dire, au geste à esquisser, elles en restent à l’esquisse, précisément, à l’ébauche et tombent bien avant d’affirmer leurs traits au fusain, à l’encre des souvenirs, aux pinceaux cachetiers … les châteaux de sable et les sables mouvants sont autant … pour les uns autant d’œuvres effondrées, emportées par des vagues pourtant sans violence, les seconds les font  s’enliser dans un monde qui les rejette est le danger qui les guette . L’Amour toujours … elles savent pas le dire, pensent qu’elles n’y ont pas droit, qu’elles ne sont que des moins que rien à soustraire, à extraire, à extirper de cachettes trop visibles . Elles ne trahissent qu’elles-mêmes . pour elles jamais de dérobade . Jamais d’aubade ni d’aubaine, seulement sans discontinuité des chemins manqués, des allées détournées dans retour possible … elles n’observent jamais rien ni personne à la dérobée . Leur cœur et leur âme plongent dans tous les miroirs des regards des autres où elles cherchent désespérément un brin de compréhension qu’elles ne peuvent pas même espérer … Elles se livrent cash et n’ont que de tristes flash back . Elles se gomment toujours plus et s’effacent peu à peu, et ça peut être terrible, ça peut être brutal … ça peut être fatal .
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 20 janvier 2009


Anorexie comme sphère et seul repère dans le manque, l’absence et la solitude, on les voit à peine, elles sont usées par des regards indifférents … le goût de vivre elles ne l’ont jamais connu . Leur vie on la leur a dérobée … alors elle vole en éclat . Les débris dorés des rêves d’ailleurs voyageurs fracassés, ces couleurs qui leur apportait un peu de paix, le temps d’une pause et d’un instant volé … non, emprunté au temps . Elles ne savent pas dire … il était une fois . comme si leur vie n’avait aucune consistance . L’inconstance, l’insouciance, l’inconscience … Elles sont aux antipodes de ces réalités qui rabaissent l’âme et fissure insidieusement . Elles cherchent les étoiles filantes et leurs sillages et ne les trouvent jamais . Sous la voûte étoilée où elles grelottent dans les nuits de glace elles cherchent la petite flamme qui ne s’éteindra pas . La clé des champs, ça n’a l’air de rien, tout comme l’école buissonnière, mais ces petites filles trop sages comme les images d’autrefois devenues trop tôt trop grandes avec des corps d’enfants qu’elles ne veulent … qu’elles ne peuvent pas lâcher, renoncer à une vie de cristal est la pire chose qu’on puisse leur imposer . Elles dansent dans un prisme à nul autre pareil, et la vie s’ensommeille surtout lorsqu’elles veillent . Comment leur dire que leur langage est traductible, leur vision transmissible par la voie des ondes, question de fréquence, que par la voix elles peuvent ralentir le cours des choses, le cours d’un avenir tendance chaotique, tout en elles est détruit mais tout est authentique et tout est intact puisque rien n’est opaque . les êtres les plus purs sont ceux qu’on n’entrevoit pas … qu’on n’écoute pas . autre mode, autre tempo, autre sphère, autre terre … Elles se sentent de trop dans un monde impitoyable et n’en finissent pas d’effacer jusqu’à leurs dernières traces, elles portent en elles toute la misère et la souffrance du monde parce qu’il en est ainsi depuis la nuit de leur temps, leurs vies sont sub-humaines, elles n’ont pas le droit de déployer leurs ailes … que savent ceux qui vivent à toute vapeur de leur soyeuse chatoyance ?
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mardi 20 janvier 2009

Que sait-on des miroirs qu’elles tendent aux autres en offrande parce que jamais elles ne jugent, elles souffrent assez pour se donner le mal d’avoir encore plus mal … Un octave en-dessous elles se mettent en veilleuses, ce sont les dernières gardiennes de phares, elles ne cessent jamais de descendre à n’aspirent à aucune transcendance … elles se savent papillons condamnés à l’éphémère, et le temps d’une vie peut-on accomplir sa mission quand on est un être de cristal … Elles portent en elles toutes ces questions liées à l’ Essentiel … Les anges de cette Terre sont en voie d’extinction dès lors qu’elles renoncent à trouver leur voix … et leur voie … Il leur manque l’ancrage, les repères, les boussoles, elles n’ont que la note qui fonde le Lien . Humaines, infiniment … Elles sont les garantes de l’Universalité, de la Fraternité . Leur souffrance est un message qui n’est en rien subliminal . Elles n’attendent qu’un signe qui les transforme en cygnes blanc pur . Rien de dur pour celles pour qui rien ne dure et qui n’ont pas accès à ce que d’aucun nomment étrangement le bon-heur . Que file l’heure, elles restent là . Pour les autres . Et si nous rêvions de la fin de toutes les faims ? Du détournement d’un tourment à visée humanitaire ? Cet espace est ouvert, afin de permettre au Lien de se renouer au fil de l’Humain … Et si la faim du rien avait une fin possible ? On n’a jamais fait le tour d’aucune question . Les pointillés sont faits pour construire des ponts … Et si rien ne scintille encore, la béance peut se muer en ouverture, aventure, exploration au cœur de l’Humain … L’Universel et les anges à intégrer dans un monde réel remodelé à une autre échelle … L’âme n’a pas de prix, et l’anorexie est son cri . Celui du papillon … Songez-y . C’est une vraie question de Vie … Le chaos n’est pas inéluctable . Un geste, un mot, un regard peut remodeler, reconstituer la ligne de l’horizon tombé en poussière … le battement d’aile comme un battement de cils … le sang versé des anges éperdus dans leur soif d’Absolu … Miroirs tendus qui ne brillent pas … qui ne mentent pas … ne trahissent pas … mais si on regarde ailleurs tout est vain … Le cristal chantant a donné le ton … pureté qui tinte de loin en loin … La voix du cœur et de l’Ame unis à l’unisson …
Par Liza - Communauté : Utopia
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Mercredi 21 janvier 2009
Par Liza - Communauté : Utopia
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Présentation

  • : Le-cri-du-papillon indigo
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  • : photos journalintime graphisme témoignage anorexie Santé
  • : Je ne suis pas qu'une "ex" anorexique, rescapée . Mon témoignage, je l'ai puisé à mains nues dans ma souffrance dans l'espoir d'aider ne serait-ce qu'une seule personne. Mais si j'aime l'Humain, c'est dans sa diversité . J'ai écrit ce livre "Le cri du papillon indigo", pour tous ceux et celles qui sont touché(e)s de près ou de loin par l'anorexie . Et à travers ma sensibilité j'essaie de comprendre chaque être et d'apporter un éclairage sur cette maladie terrible qu'est l'anorexie .
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